Et avant ...

Le décret du 25 juillet 1876 prononça « l'établissement d'un réseau de voies ferrées à Traction par chevaux dans la ville de Tours » d'utilité publique. Le 15 juillet 1877 fut mis en service la première ligne de l'hippomobile, entre la barrière de Grammont et la barrière de Vouvray, c'est-à- dire entre les actuelles places Choiseul et de Verdun. Tours était alors la cinquième ville de France à s'équiper de cette installation. Le 25 juillet 1877, deux embranchements vers les Halles et la Gare (alors encore appelée Débarcadère) ont été mis en service. Ce petit réseau a été exploité par « Sieur de la Hault » jusqu'en 1879 puis par la C.G.F.T (Compagnie Générale Française des Tramways) qui a pris la succession.



Le 16 septembre 1889, une ligne entre l'actuelle place Anatole France (alors place de l'Hôtel de Ville) et Vouvray est mise en service par la toute nouvelle « Société de Tramways à Vapeur de Tours à Vouvray ». Elle utilise les voies posées par la CGFT sur la traversée de la Loire. Le matériel de traction est constitué de petites locomotives à vapeur. Cette ligne mesurait 6,8 km. Le service était assuré par 4 automotrices Rowan de 30 places et 3 remorques à impériale ouverte de 70 places. Par décret du 15 avril 1891, l'exploitation de la ligne de Vouvray fut rétrocédée à la « Société du Tramway à Vapeur de Vouvray créée à cet effet.



En 1895, les chevaux commencent à être remplacés : 12 automotrices à vapeur Serpollet sont mises en service sur la ligne principale, la ville de Tours lança dans le même temps un projet d'électrification des voies. Mais la situation des tramways commençait déjà à devenir bien complexe : il existait en effet deux autorités (la Ville de Tours et le département d'Indre-et-Loire), deux exploitants (la CGFT et le Société du Tramway à Vapeur de Vouvray) et un postulant, Monsieur de Brancion. Ce dernier souhaitait établir un réseau de tramways électriques à voie métrique, avec prise de courant par plots Diatto en zone urbaine afin d'éviter une ligne aérienne jugée disgracieuse. La CGFT obtenue la concession des lignes de Saint-Avertin, Luynes et Fondettes le 26 janvier 1898, mais elle la céda le 29 mars 1898 à Monsieur de Brancion.



Le 27 mars 1899 la ligne Place du Palais - St Avertin est inaugurée en traction électrique sur voie métrique avec prise de courants par plots Diatto jusqu'au dépôt de Grammont. Les plots Diatto étaient un système révolutionnaire d'alimentation par le sol pour l'époque, son fonctionnement était très simple : reliés à un Feeder commun (Ligne de transport d'énergie électrique reliant directement un générateur au réseau de distribution), chaque plot était activé au passage du véhicule grâce à un électro-aimant situé le long du frotteur de captage du courant.
Malheureusement, l'expérience montra rapidement que soit un plot restait inopinément sous tension, soit refusé d'être alimenté. Par ailleurs le frotteur avait tendance à attirer toutes ferrailles susceptibles de traîner sur la chaussée, beaucoup de chevaux moururent électrocutés nécessitant une indemnisation de la part de la compagnie !



  • Le 29 août 1903 : ouverture de la ligne B Hôpital - Place Velpeau
  • Le 6 octobre 1903 : ouverture de la ligne C Place Rabelais - Barrière de Saint-Pierre

  • En raison des inconvénients du système Diatto, les lignes B et C n'en étaient équipées que sur des parcours réduits. Ils furent progressivement remplacés par des lignes aériennes, ils disparaîtront définitivement en 1914.
    La traction à vapeur disparaîtra quant à elle en 1912 après l'électrification des lignes suburbaines.



    Entretenu et remisé dans un nouveau dépôt situé au sud de l'avenue de Grammont, le matériel roulant électrique comportait à son apogée 51 voitures à deux essieux, livrées entre 1899 et 1917 : 33 motrices Thomson à plateformes d'extrémité ouverte, longues de 7,60 mètres et au gabarit de 1,80 mètre en largeur 11 motrices Buire (dont deux à plates-formes ouvertes) et 7 motrices Raghéno. Les Thomson et les deux Buire à plates-formes ouvertes, sont fermés vers 1912-1914.
    Ce dépôt abritait l'usine génératrice alimentant les tramways électriques. Elle comportait 4 chaudières semi-tubulaires construites à Lyon par Bonnet, Spazin et Compagnie, qui alimentaient 3 machines monocylindres Piguet de 300 ch, commandant par courroies trois dynamos de 200 kW, délivrant sous 550 volts. Cette installation cédera sa place en 1932 à une sous-station dotée de deux redresseurs de 500 kW, délivrant du courant redressé 600V. Au sortir de la guerre 14-18, la situation du réseau se complique : une première ligne ferme, d'autres sont réduites, le matériel vieillit.



    En 1931, des services routiers commencent à concurrencer le tramway.



    Le 1er septembre 1932, trois lignes suburbaines sont supprimées (Azay, Luynes et Vouvray ) et remplacées par des services d'autocars. A la veille de la guerre 39-45, le réseau est déjà fortement réduit :
  • ligne A : Sainte-Radegonde - Parc de Grammont (du Quai de Ste-Radegonde au carrefour de l'Alouette)
  • ligne B : Hôpital - Rue de Paris (de l'hôpital Bretonneau au croisement Rue de la Fuye - Rue Edouard Vaillant).
  • ligne C : Cathédrale - Rabelais
  • ligne suburbaine : Place Anatole France - La Tranchée.



  • En 1940, la ville subit ses premiers bombardements qui désorganisent le réseau. Le 15 juin, tous les services routiers sont suspendus. Le réseau de tramways, arrêté depuis le 18, reprend progressivement à partir de juillet. Les services par autobus réapparaissent le 26 août 1940. Durant l'occupation, les tramways et autobus assurent tant bien que mal les services dans des conditions très difficiles. Le rationnement des matières premières ne permet pas un entretien normal et les surcharges supportées par le matériel ajoutent à la dégradation des voitures. Le 20 mai 1944, les installations ferroviaires de Tours sont fortement bombardées et le dépôt des tramways et autobus est touché. 8 motrices et 4 remorques sont hors d'usage. Les autobus n'ont heureusement pas soufferts et peuvent être rapidement remis en service le 25 mai. Le 22 août 1944, le pont de Pierre est détruit par les Allemands, coupant la ville en deux parties. Les tramways et autobus cessent tous services.



    Après la libération de la ville, le 1er septembre 1944, la compagnie s'attache à remettre en état les installations fixes endommagées : le 26 octobre les premiers tramways peuvent à nouveau circuler sur la ligne A. Le lendemain, les autobus réapparaissent. Durant quelques temps, le réseau est coupé en deux et un autobus assure la liaison entre les deux parties en traversant un pont provisoire. Cette situation dure jusqu'au 10 septembre 1947.





    En juillet 1948, un autorail Billard A-80 des chemins de fer départementaux et une motrice Thomson des tramways de Tours sur le pont Wilson

    Mais le matériel de tramway présente un état de délabrement avancé. Sa modernisation n'est pas envisagée et il cesse de circuler définitivement le 14 septembre 1949 :



    L'exploitant se tourne alors vers les trolleybus. …



    Découvrez plus de clichés en cliquant ici, certains rails sont désormais utilisés comme lampadaires : pour en savoir plus.

    Les trolleys ont commencé à être utilisés à Tours le 5 octobre 1949, ils furent donc favorablement accueillis par la population.



    En 1963, 5,5 millions de voyageurs furent transportés en trolleybus sur les 9 millions de l'ensemble du réseau.
    Les lignes étaient composées comme ceci en 1964 :
  • Ligne B : Stalingrad - Botanique
  • Ligne B1 : Saint-Pierre-des-Corps - La Riche les Sables
  • Ligne C : Parc Nord - Charentais




  • Le parc était composé de 22 Vetra VBRh et de 10 SW Somua, tous à 3 portes. La ligne B1 sera peu de temps après cet inventaire limité à la place Loiseau d'Entraigues : la construction de l'autoroute coupera la ligne au niveau du franchissement de l'ancien canal. La ligne C sera elle aussi supprimée dans le milieu des années 1960. Ils seront toutefois conservés entre la place Jean Jaurès et le dépôt Avenue de Grammont.



    Le dernier trolleybus tourangeau circula le 30 juin 1968, le bus devient alors le seul moyen de transport pour se déplacer dans l'agglomération sous l'appellation TRT (Transport de la Région Tourangelle) puis SEMITRAT à partir de 1975 ...



    Le nom Fil Bleu sera adopté à partir du 6 novembre 1992.



    Crédit : Archives municipales - Tours, Jean-Henri Manara, Arthur Staal et Letramdetours.net